Klaq @ Klaq @jlai.lu Posts 33Comments 139Joined 10 mo. ago
PS : on passe bien sûr sur le fait que la multiplication de ces dynamiques a constitué un solide front lepéniste et un sentiment d'être démocratiquement inaudible, ce qui tend à crispé de plus en plus l'expression citoyenne (in fine la forclusion de la violence).
Lors des élections dont tu parles la question ne s'était pas posée, car la majorité parlementaire était net a chaque fois. Appelons ça proposition A.
Le barrage républicain sert a éviter que le RN/FN ne soit élu, pas a dicter des décisions de constitution du gouvernement. Appelons ça proposition B.
Si tu dis B, sachant que A est issu aussi de B (les fameux barrages), alors B contredit A. Autrement dit, la majo parlementaire qui donne des décisions, elle existe grâce des barrages.
C'est justement le principe du barrage. Il ne me semble pas qu'on ait autant pinaillé aux précédentes législatives, au précédent second tour présidentielle Macron/ Le Pen pour le barrage, au présidentielle Chirac / Le Pen.
Il s'agit d'une pure démonstration de mauvaise foi. Y'a aucune règle sauf celles qui l'ont amené au pouvoir, celles qui ne lui profitent plus aujourd'hui et qu'il cherche à modifier.
À mettre en lien avec les autres articles de Mediapart :
- https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/110724/en-europe-le-lobbying-de-haut-vol-de-l-aviation-d-affaires?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5
- https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/110724/climat-les-trajets-delirants-des-jets-des-millionnaires?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5
TLDR: non je ne pense pas, d'après ce prof de droit public mais l'article est intéressant
Julien Boudon est professeur de droit public à l’université Paris-Saclay, spécialiste de la Constitution. Après les élections législatives, il rappelle que la seule règle qui contraint l’action du président de la République, Emmanuel Macron, est de désigner un gouvernement qui ne serait pas immédiatement renversé. Le chef de l’Etat a choisi de maintenir Gabriel Attal à Matignon. Emmanuel Macron a refusé sa démission. Quelles étaient ses options ?
Le président peut maintenir le gouvernement, ces prochains jours. Il est normal qu’il y ait une période de flottement, tant que l’Assemblée nationale ne s’est pas réunie, c’est inévitable. Après une dissolution, comme le prévoit l’article 12 de la Constitution, le Parlement doit siéger à compter du deuxième jeudi suivant les élections législatives, quand celles-ci ont eu lieu en dehors de la session ordinaire [d’octobre à juin]. C’est le cas aujourd’hui.
Le chef de l’Etat avait, en réalité, trois possibilités. Il pouvait nommer tout de suite un nouveau premier ministre. Il pouvait refuser la démission de Gabriel Attal en le maintenant en poste avec son gouvernement, comme il l’a fait. Et il aurait pu, sinon, accepter sa démission, tout en lui demandant de rester en place pour l’« expédition des affaires courantes ». Lire aussi | En direct, législatives 2024 : le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se dit « prêt à assumer » la fonction de premier ministre
Ce troisième régime permet d’assurer la continuité de l’Etat, mais ce n’est pas celui qui a été choisi, peut-être parce qu’il signifie qu’on vient « rogner » sur les pouvoirs du gouvernement. Sans lui couper les ailes, ce fonctionnement, encadré par la jurisprudence du Conseil d’Etat, réduit son périmètre d’action au strict minimum : le gouvernement doit alors se cantonner à un rôle très modeste, à la gestion du train-train quotidien. Mais il ne peut prendre aucune mesure politique significative, sous peine de la voir annulée par le Conseil d’Etat. Ce régime des « affaires courantes » l’aurait-il empêché de déclarer l’état d’urgence, en cas d’attentats lors des Jeux olympiques et paralympiques par exemple ?
Non, cela ne l’aurait pas empêché de prendre de telles décisions, face à des attentats ou à des catastrophes naturelles. Le Conseil d’Etat a affirmé, dans une décision datant de 1952 dans laquelle il annulait un décret qui avait excédé ce cadre, que cette règle valait, sauf en cas d’urgence. L’idée est bien d’assurer qu’en cas de péril grave le gouvernement ne soit pas empêché d’agir. Ainsi maintenu, le gouvernement dispose-t-il encore d’une marge de manœuvre ?
Comme durant ces trois dernières semaines de « réserve » électorale, il est peu probable qu’il prenne des décisions majeures. Cela apparaîtrait difficilement défendable d’un point de vue politique. Le gouvernement conserve néanmoins une marge importante pour gérer le pays, car si la loi fixe les grands principes et se réserve un certain nombre de domaines – les libertés publiques, le droit électoral, le droit pénal… –, il existe aussi un pouvoir réglementaire autonome, qui revient au pouvoir exécutif, avec son propre lot de décrets, d’arrêtés, d’ordonnances, de circulaires… Emmanuel Macron a dit qu’il attendait la « structuration de la nouvelle Assemblée » nationale pour « prendre les décisions nécessaires ». Quelles sont ses obligations concernant la nomination d’un futur gouvernement ?
La situation actuelle est totalement inédite. D’une part, lors des trois périodes de cohabitation qui ont eu lieu durant la Ve République – en 1986-1988 et 1993-1995 sous François Mitterrand, puis en 1997-2002 sous Jacques Chirac –, une majorité absolue à l’Assemblée nationale était toujours sortie des urnes. Le président de la République n’avait donc eu qu’à entériner la nouvelle configuration – sans aucun espace pour nommer un autre premier ministre que celui que la droite ou la gauche avaient alors choisi. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Emmanuel Macron face à la malédiction du second mandat
Lors de la dernière législature, de 2022 jusqu’à aujourd’hui, nous avons bien eu deux années sans majorité absolue à l’Assemblée nationale pour la coalition présidentielle, mais il y avait un groupe parlementaire qui était, et de très loin, le seul à être majoritaire au sein de l’Hémicycle – celui de Renaissance et ses alliés, le MoDem et Horizons, avec près de 250 députés. Il n’y avait donc pas d’alternative. Aujourd’hui, en revanche, il n’y a pas de majorité absolue, et le Palais-Bourbon est totalement fragmenté. Le Nouveau Front populaire (NFP) est néanmoins arrivé en tête. Emmanuel Macron doit-il lui proposer le poste de premier ministre ?
Seul le président de la République est compétent pour nommer le premier ministre, ce n’est pas une prérogative de l’Assemblée nationale. La logique veut qu’il nomme le chef du gouvernement dans le groupe parlementaire le plus étoffé au Palais-Bourbon. Comme c’est le cas dans les autres régimes parlementaires européens, c’est assez naturel.
Dans notre régime néanmoins, le chef de l’Etat n’a aucune obligation juridique, c’est la logique politique qui prévaut. La seule règle qui contraint son action est que le gouvernement doit pouvoir se maintenir : il ne doit pas faire l’objet d’une motion de censure qui serait adoptée contre lui par les députés, et il ne doit pas se voir refuser la confiance de l’Assemblée nationale, s’il la demande. Sinon, dans les deux cas, il devra démissionner. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Anne Levade, constitutionnaliste : « La Vᵉ République est passée des incertitudes électorales à une ère institutionnelle inédite »
Quel que soit le parti ou le groupe dont sera issu le premier ministre, ce dernier doit ainsi réussir à obtenir cette confiance du Parlement, implicitement ou explicitement. En l’absence de majorité absolue, le président de la République a donc bien gagné en liberté, mais si la gauche se met d’accord sur un nom à lui proposer, il pourra difficilement faire la sourde oreille. Toute la question est de savoir s’il existe une solution alternative. Une autre majorité peut-elle prétendre au poste de premier ministre ?
La Constitution n’a d’égard que pour l’arithmétique, qu’importe le « parti » arrivé en tête en nombre de voix ou la nature de la coalition, il faut réussir à atteindre une majorité suffisante pour ne pas être renversé par l’Assemblée nationale.
Au vu des résultats, pour ce qui est du NFP, on peut imaginer qu’il puisse gouverner grâce au soutien d’une partie des élus macronistes qui se rallieraient à tel ou tel projet de loi et qui se garderaient de voter une motion de censure. Celle-ci réclame une majorité absolue, soit 289 députés, pour être victorieuse.
Cela ressemblerait aux deux dernières années écoulées, durant lesquelles la majorité présidentielle a pu tenir face aux motions de censure et faire passer certaines lois, grâce aux soutiens de députés du parti Les Républicains (LR), par exemple sur les dossiers des retraites et de l’immigration.
Une majorité alternative pourrait-elle émerger, au regard des prises de position des différents partis ? Si l’on exclut le groupe Rassemblement national (RN), avec lequel personne ne veut former une coalition, que reste-t-il ? Dans la foulée du discours porté par certains acteurs en faveur d’un « axe républicain », qui exclurait le RN comme La France insoumise, un « bloc central » pourrait se constituer, unissant les élus d’Ensemble, ceux de LR et les socialistes. Tout va donc dépendre du positionnement des quatre partis membres du NFP, dont le PS : s’ils restent unis, le président de la République pourra difficilement refuser le nom proposé, sauf à risquer une crise politique majeure. La situation actuelle peut-elle s’éterniser durant plusieurs semaines, voire des mois, avant qu’un nouveau gouvernement soit nommé ?
Il n’existe pas de délai prévu expressément dans les textes. Certains vont peut-être rappeler que le premier ministre Georges Pompidou avait pu, en son temps, être maintenu, après une motion de censure adoptée contre son gouvernement en 1962 – la seule ayant abouti, sous la Ve République – durant près d’un mois et demi. Mais il s’agissait du laps de temps nécessaire pour organiser le scrutin législatif anticipé. Écouter aussi Législatives 2024 : la victoire surprise de la gauche, mais sans majorité
Aujourd’hui, les élections sont passées, l’Assemblée nationale va siéger, il va être extrêmement difficile pour Emmanuel Macron de tenir plus d’une ou deux semaines, en maintenant le gouvernement Attal aux manettes. Cela ne correspond plus à la configuration politique actuelle.
Si le chef de l’Etat essaie de jouer la montre, par exemple le temps que les Jeux olympiques soient passés, l’Assemblée nationale serait en mesure de voter la censure. Même le RN, qui pourrait refuser au départ de l’adopter pour ne pas servir de « marchepied » à la gauche, serait assez vite tenté de joindre ses voix pour faire tomber un gouvernement qu’il n’a eu de cesse de dénoncer. Ce serait donc prendre le risque d’une crise politique en plein Jeux.
127 désistements de gauche contre 81 désistements centristes, les calculs sont pas bons Kevin.
On reste dans la logique d'un Macron mauvais joueur. En plus d'ouvrir un jeu politique dangereux, il en refuse les règles en tablant sur le fait que la tournure de la partie ne plaît plus à certains joueurs. Le vilain petit garnement.
Salut, même sensation ici.
L'usage du conditionnel, l'exemple d'Orban, c'est parfait. Merci Frédéric Blanchi.
Le libre marché a tellement bien réussi à redistribuer les richesses jusque-là, ce serait tellement dommage de remettre un peu de justice sociale avec de l'interventionnisme.
Si il fait appel à des forces républicaines sachant que son parti s'est sauvé sur un front républicain Renaissance et NFP, alors ça veut surtout dire qu'il doit travailler avec NFP. Le NFP lui ayant permis via le désistement de se maintenir comme bloc politique, alors il devra céder sa place. LR a rien branlé et a aussi bénéficié des retraits NFP.
L'hubris est énorme, la manipulation est très grossière, la surévaluation du rôle des LR et même antinomique avec l'effet Ciotti. Bref, avec l'adoubement éditorialiste du PAF et le fait qu'on soit teubé, ça peut passer.
Mais cette lettre ne mérite rien de plus que le ploc d'un étron qui atteint l'eau d'une cuvette.
François Ruffin : « Il fallait que je coupe la corde avec Jean-Luc Mélenchon pour pouvoir respirer »
Je sais pas si elle est fausse, perso je suis plutôt d'accord avec Ruffin. LFI se sert électoralement de l'antiracisme là où il convient d'agir sur les symptômes de l'émergence du racisme en France.
Quiconque acte un racisme substantifique au français des campagnes abdique et s'installe dans le confortable et rassurant mépris qui justement est l'une des causes du problème. La gauche a abandonné une partie de la population, je comprends Ruffin qu'il oriente son combat sur sa récupération.
François Ruffin : « Il fallait que je coupe la corde avec Jean-Luc Mélenchon pour pouvoir respirer »
Franchement, pour l'instant je vois peu de passerelles à part l'associatif et les syndicats. L'analyse matérialiste sur les conditions de vie est devenue exotique et s'est retrouvée supplantée par le succès libéral des discours d'appartenance plutôt que d'être en complémentarité (ce qu'aurait pu être une intersectionnalité).
Résultat, t'as des gauches anticapitalos limite transphobes d'un côté et des collectifs post-mo bien vénères mais sans aucune conscience de classe de l'autre.
François Ruffin : « Il fallait que je coupe la corde avec Jean-Luc Mélenchon pour pouvoir respirer »
Non, le problème avec Mélenchon c'est qu'à gauche pas grand monde l'apprécie encore.
François Ruffin : « Il fallait que je coupe la corde avec Jean-Luc Mélenchon pour pouvoir respirer »
L'échange
Réélu de justesse, dimanche 7 juillet, dans la 1re circonscription de la Somme face au Rassemblement national (RN), le député François Ruffin pose un regard critique sur La France insoumise (LFI), la formation politique qu’il a quittée avant le second tour des élections législatives. Appelant à ne pas opposer « la France des bourgs et [celle] des tours », il accuse son ancien parti d’avoir sciemment abandonné les campagnes populaires et les terres ouvrières, pour se concentrer uniquement sur la jeunesse et les quartiers.
Comment analysez-vous les résultats des législatives. Est-ce vraiment une victoire de la gauche ? Au soir des élections européennes, le 9 juin, la gauche était en miettes, le moral dans les chaussettes. Qu’avec un « Soyez unis », un « Front populaire », on parvienne en quatre semaines à rallumer la lumière, c’est un espoir. Mais, au risque de jouer le rabat-joie, je dis : « Attention, c’est un sursis. » Il y a un effet trompe-l’œil. Le mode d’élection, les institutions ont contenu la poussée du RN, mais la vague est puissante.
Ma Picardie a élu treize députés d’extrême droite sur dix-sept, c’est pire dans le Pas-de-Calais. Et 57 % des ouvriers ont voté pour le RN dès le premier tour. Perdre les ouvriers, c’est très grave pour la gauche : ce n’est pas seulement perdre des voix, c’est aussi perdre son âme. Et, dans ma circonscription aussi, il faut l’énoncer avec lucidité, je recule de 8 points en deux ans.
Cette difficulté, je l’avais identifiée dès 2022, dans mon livre Je vous écris du front de la Somme [Les Liens qui libèrent]. La gauche souffrait de trois « trous » : un trou géographique, la France des bourgs ; un trou démographique, les personnes âgées ; un trou social, les salariés modestes. Mais cette alerte n’a servi à rien. La situation a empiré, et même basculé.
Comment avez-vous vécu la campagne ? Dans la douleur. D’un côté, il y avait la force d’attraction du RN : en face de moi, le candidat, c’était Jordan Bardella. Pour bien des gens, Marine Le Pen et lui incarnent le changement. Et, de l’autre côté, une force de répulsion. Pendant trois semaines, nous avons porté notre croix, un sac à dos rempli de pierres, on s’est heurtés à un mur, à un nom : « Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon. » Avec le profil de la gauche, de LFI, ces deux dernières années, je savais qu’on perdait du terrain. Mais je pensais que ma figure, localement, servirait de paratonnerr
Eh bien non, cela ne suffit pas, ni à Sébastien Jumel [député sortant communiste (PCF), qui s’est incliné en Seine-Maritime], ni à Fabien Roussel [secrétaire national du PCF, qui a perdu dans le Nord], ni à d’autres. C’était presque comique : les gens me disaient « on adore tes discours, c’est formidable », « attends, j’appelle ma femme, on va faire un selfie », et à la fin, contre Macron et Mélenchon, ils votaient Bardella !
Vous avez annoncé quitter LFI juste avant le second tour. Pourquoi si tard, alors que vous étiez déjà en désaccord avec Jean-Luc Mélenchon ? Parce que j’avais porté le Front populaire, l’unité de la gauche, je me devais de les préserver. Mais, avec Jean-Luc à la télé tous les deux jours, ça nous étranglait. Même tard, il fallait que je coupe la corde pour pouvoir respirer. Et dès cet instant ça a tout changé, ça nous a libérés, on a regagné des voix par centaines.
La gauche a donc failli dans les zones d’expansion du RN ? Elle a fait le choix de l’abandon. En 2022, alors que l’Assemblée nationale accueillait 89 députés RN, Jean-Luc Mélenchon déclarait, texto : « De toute façon, ces terres-là n’ont jamais accepté la démocratie et la République. » Ça m’a stupéfié. Car quels sont ces endroits ? Le Pas-de-Calais, la Picardie, le Midi rouge, qui pendant un siècle ont envoyé des députés communistes et socialistes dans l’Hémicycle.
Du coup, très inquiet, je sors un petit livre, j’interroge : « Les bastions comme les miens, on en fait quoi ? On les renforce, ou on les abandonne ? » Ça n’a pas suscité de débat, seulement des attaques, comme quoi j’étais un « adversaire des quartiers populaires ». Pas du tout : je veux additionner, pas soustraire ! Il faut réconcilier, pas opposer, montrer l’immense commun entre la France des bourgs et des tours. Pour des raisons morales, évidentes. Mais surtout pour des raisons électorales : on ne gagnera pas sans.
L’année d’après, [Julia] Cagé et [Thomas] Piketty, dans leur ouvrage paru au Seuil [Une histoire du conflit politique], invitent à la même chose : « La gauche doit retrouver le chemin des campagnes populaires. » Là, les cadres de LFI clarifient : c’est non ; ils misent tout sur les quartiers et la jeunesse diplômée. Tant mieux, il nous les faut. Mais les autres ?
Désormais, dans les textes de Jean-Luc Mélenchon, c’est « la nouvelle France », qui s’oppose sans doute à « la vieille France »… Depuis deux ans, LFI, c’est la stratégie [du think tank] Terra Nova avec le ton du Nouveau Parti anticapitaliste.
Voilà la ligne : se renforcer là où on est déjà forts, quitte à s’affaiblir là où on est déjà faibles… Donc, dans les quartiers, on a des députés LFI élus dès le premier tour. Bravo ! Ce sont les cadres du mouvement, qui ont hérité des meilleures circonscriptions, où la gauche fait 70 %, qui n’ont pas à mener de bagarre pour leurs sièges, et encore moins contre le RN. Et ce sont eux qui, depuis Paris, l’Ile-de-France, les grandes métropoles, édictent une stratégie perdante pour le reste du pays ! Merci !
A l’inverse, les « insoumis » vous accusent de passer sous silence le racisme sous-jacent du vote RN. Que leur répondez-vous ? Lutter contre le racisme, c’est pour moi une bataille de tous les jours, pas théorique. C’est mon laïus, mille fois répété : « Devant la justice, la police, la santé, l’éducation, qu’importe notre religion, notre couleur de peau, nous devons être tous et toutes égaux. »
Et, sur l’immigration, mon refrain quotidien : « La France doit intégrer comme elle l’a toujours fait : par la langue, par la formation, par le travail. » C’est une bagarre menée à bras-le-corps, pour que revienne l’envie de faire France ensemble.
Qui doit gouverner le pays, alors que le Nouveau Front populaire (NFP) a une très faible majorité relative ? Le président de la République a assez maltraité les institutions. Il doit permettre à la gauche de gouverner, en nommant un premier ministre issu de nos rangs. Et en demandant à ses députés macronistes de ne pas pratiquer, à l’Assemblée nationale, une opposition de principe. Il faudra ensuite des coalitions sur les textes. Mais je pose cet avertissement : il ne faudra pas gouverner comme l’a fait le chef de l’Etat ces deux dernières années, avec arrogance et toute-puissance. Il faudra le faire avec respect pour les Français, avec tendresse même. On doit prendre soin des gens pour prendre soin de la République.
Le secrétaire général de Renaissance et ministre des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, dit que le NFP ne peut pas s’abstraire des règles démocratiques. Qu’en pensez-vous ? Par dignité, ces personnes devraient se taire : nous sommes au bord du ravin, parce que lui et les siens ont brutalisé le pays, plutôt que de l’apaiser.
Où allez-vous siéger maintenant, et souhaitez-vous être premier ministre ? Je souhaite un groupe trait d’union ; un groupe qui rassemble les communistes, les écologistes, les élus du parti Génération.s et nous.
Quant au poste de premier ministre ? Ce n’est pas le sujet. J’ai un rôle à jouer ailleurs. Le NFP doit vivre dans la société. Il nous faut désormais une force, un parti, une coopérative politique, j’en ignore la forme exacte, mais qui porte une gauche populaire qui nous a manqué, une gauche de la décence et du bon sens, une gauche généreuse et joyeuse. Une gauche qui transforme la colère en espérance.
Et pour la suite, Jean-Luc Mélenchon n’est-il pas un frein ? Bien sûr. Jean-Luc Mélenchon a remis la gauche sur ses deux jambes, et il l’a fait avancer. Mais quelle trace veut-il laisser dans l’histoire ?
François Ruffin : « Il fallait que je coupe la corde avec Jean-Luc Mélenchon pour pouvoir respirer »
Pour Ruffin, Mélenchon est dans une stratégie type Terra Nova avec une conception racialisante et identitaires de l'électorat. Le positionnement répété sur la Palestine, les choix thématiques vont plutôt en ce sens.
Ruffin a tjrs été côté terrain, fermeture usines, précarité des taffs du tertiaire, il est plus proche d'un ouvriérisme classique du PCF avec une actualisation intégrant la mondialisation, on est effectivement sur deux types de gauche difficilement compatibles. T'ajoutes à ça le côté appareil de LFI et sa gestion interne calamiteuse..
Spoil série The Boys saison 4
Bonjour à tout le monde, aujourd'hui c'est un grand jour : tout simplement parce que je me suis levé putain de tôt ça va être tellement long rolala.
Courage à touste !
Oui le surtourisme et la crise de logement forment l'un des sujets qui va exploser dans les métropoles touristiques.